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Erró. Les grands Maîtres
Exposition jusqu’au 29 avril 2017

Exposition

Du 21 février au 22 mars 2014

Wang Yan Cheng

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Extrait

De nombreux poids lourds de la scène artistique chinoise contemporaine sont entrés dans l’arène de l’histoire en 1980, à la faveur d’une exposition nationale de jeunes talents organisée à Pékin. Ma première rencontre avec Wang Yan Cheng remonte à cette grande manifestation, il y a plusieurs dizaines d’années. À peine âgé de vingt ans, il venait d’obtenir un prix pour son juvénile corps à corps avec la matière picturale. À l’époque, le lauréat était encore étudiant, mais cette récompense précoce lui conféra en Chine le statut de peintre professionnel.
Au vu de ce qui était globalement intégré et admis au début des années 1980, Wang Yan Cheng représentait la sensibilité de son temps. S’agissant de la maîtrise picturale, il fallait un certain talent pour défricher un espace qui reflète l’esprit de son pays natal sous un angle non politique. Comparé à beaucoup de ses confrères, Wang Yan Cheng avait de la chance. Il semblait avoir aisément trouvé une thématique : lande sauvage, jeux d’enfants, travailleurs au repos.
La scène de l’ouverture et de la fermeture au monde extérieur a souvent été jouée dans l’histoire de la Chine moderne. À chaque fois, que la vague déferle ou qu’elle soit contenue, elle donnait naissance à une élite pétrie de culture occidentale. Dans les années 1980, face au mouvement de repli et à la violence de la réaction, beaucoup de jeunes gens, adeptes du bouddhisme, se réfugièrent dans l’ascèse. À l’approche de la dernière décennie du XXe siècle, Wang Yan Cheng atteignit la trentaine ; sa carrière de peintre existait déjà depuis près de dix ans. En se pliant aux usages, en se conformant aux règles, en exploitant inlassablement les mêmes sujets, il n’avait que peu de temps à attendre pour que son nom et son mérite soient reconnus en Chine. Mais un billet d’avion pour Paris mit un terme à cette trajectoire toute tracée.
S’appuyant sur son renoncement au monde, Wang Yan Cheng accomplit ainsi la première fugue de sa carrière d’artiste. Il connut non seulement le sort d’un étudiant immigré, mais laissa passer l’occasion de réussir dans son propre pays. Wang Yan Cheng paya le prix du peintre professionnel qui veut rester dans les mémoires : il repartit de zéro et traversa une inévitable période d’errance.
Les Chinois, en général, sont très attachés à la pratique du bouddhisme, notamment pour approfondir la voie qui mène à l’éveil. Les liens de Wang Yan Cheng avec la tradition bouddhique le conduisirent à chercher les racines spirituelles de son retrait du monde ; le rayonnement de la raison occidentale lui fournit l’occasion de parfaire sa conscience. En vérité, Wang Yan Cheng étudia les arts visuels comme s’il s’agissait d’une réflexion scientifique. Il expérimenta la méthode de quantification mathématique pour analyser Cézanne, Picasso, Rothko, tous les grands maîtres dont l’œuvre le fascinait. Sa persévérance lui permit, semble-t-il, de toucher dans l’ombre à quelques clés, d’élucider certains codes, de s’approcher des mystères de l’univers.
Le bénéfice de la première fugue de Wang Yan Cheng, pour le définir, fut d’accéder, sans échappatoire possible, au carrefour de la peinture contemporaine : une voie lui intima de dire ce qu’est la peinture, une autre l’obligea à clarifier ce qu’elle n’est pas.
L’année de ses trente-six ans, Wang Yan Cheng commença d’explorer des chemins inconnus, et là réside sa deuxième fugue. Cette fois, ce ne fut pas à son pays natal qu’il fit ses adieux, mais à l’art figuratif.
L’origine de la fugue de Wang Yan Cheng tenait soit à ce qu’il fût conscient de la nature profonde de la peinture contemporaine et qu’il voulût aller de l’avant, soit à ce qu’il eût décidé, dans une folle inconstance, de s’exposer au danger. Lorsqu’il choisit de porter ses efforts vers l’abstraction, à l’instar de Yu Gong qui déplaça le mont Wangwu, Zao Wou-Ki et Chu Teh-Chun se dressèrent devant ses yeux, telles deux montagnes gigantesques. Ses illustres prédécesseurs avaient, eux aussi, étudié la peinture en Chine avant de venir en France accomplir leur métamorphose. Tous deux s’étaient voués à l’abstraction ; tous deux avaient atteint à l’excellence dans leur art. Certains s’inquiétèrent alors que Wang Yan Cheng nourrisse envers eux tant de vénération, craignant qu’il les imite servilement. D’autres, confiants en son succès, comprirent qu’il devait viser haut s’il voulait obtenir quelque résultat.
La différence entre la première fugue et la deuxième tient au laps de temps qui s’était écoulé et aux repères figuratifs qui perduraient encore dans ses œuvres, malgré la tendance à l’abstraction. Certains signes noyés dans le flux abstrait évoquaient parfois ouvertement des poteries chinoises. Peut-être, dans le subconscient de Wang Yan Cheng, leur fragilité reflétait-elle son attachement au figuratif : il redoutait de les briser tout en ayant envie de le faire.
Ces vases finirent bien sûr par disparaître, et la deuxième fugue dépassa radicalement le figuratif. En amendant l’intérieur et l’extérieur, Wang Yan Cheng affermissait son caractère confucéen.
La pâte devint de plus en plus simple et généreuse, la touche plus maîtrisée, la pensée plus foisonnante. Au-delà de sa fugue vers l’abstrait, l’œuvre de Wang Yan Cheng poursuivait sa trajectoire. Une expression pleine d’assurance proclamait son langage visuel ; la palette montrait une résolution héroïque et sublime, car « sans retour est le voyage du preux » (Jin Ke) ; l’inspiration traduisait la solitude de l’imaginaire, car « personne n’attend à l’orient de Yangguan » (Wu Wei). Et c’est dans la grandeur tragique de la création que resplendit « l’homme fait » (Confucius), tout pénétré de compassion envers l’errance de ce monde.

Dès lors, Wang Yan Cheng persista dans sa voie. De fait, aux environs de cinquante ans, il entama une troisième fugue – peut-être fut-ce une récurrence de l’harmonie entre l’homme et la nature. Elle ne donna pas lieu à une séparation déchirante, mais excéda toute mesure, comme au sortir d’un rêve. Nul besoin de choisir entre ceci ou cela, tout devint aussi naturel qu’un vent printanier qui apporte la pluie – un peu de quiétude et d’abnégation dans un environnement de paix. Cette sagesse d’Orient, que l’on nomme le « Dao », lui procura, semble-t-il, la félicité.
Au fil de cette fugue du milieu de son âge, l’œuvre de Wang Yan Cheng fut comme lavée par une brise au printemps : les gradations de pigments augmentèrent, la pâte perdit en épaisseur, la touche et le dessin devinrent plus vigoureux, la vision s’assouplit en s’harmonisant. La tension interne des œuvres, simples en apparence – certains éléments disparurent, d’autres s’ajoutèrent – les sublima vers d’autres frontières.
Dans la série de tableaux qu’il produisit par la suite, Wang Yan Cheng exposa sa vision du monde – tantôt Yin, tantôt Yang – qui unit l’homme aux éléments et s’enracine dans le Dao. En tant que peintre, il se tient fermement dans la beauté des choses, « flânant avec aisance » (Zhuangzi) parmi les signes de la nature ; en tant qu’homme, il s’égare dans les courants impétueux de l’époque, cherchant à s’en détacher. Ainsi, deux formes de puissance se décèlent dans la troisième fugue de Wang Yan Cheng : la succession ininterrompue des tensions naturelles, la résistance intérieure dans l’expectative.
Si l’on considère que le savoir ne peut vaincre le doute, étudier la voie, au cours d’une autre fugue, suffirait-il à atteindre l’immortalité ? Observons la relation que Wang Yan Cheng a nouée avec son temps. Bien que, pour nos contemporains, la création permette de dépasser les contingences, l’artiste lui-même ne saurait s’affranchir des contraintes de l’époque. La peinture de Wang Yan Cheng, son coloris, sa composition, son espace, le souffle qui l’anime, n’échappent pas aux vicissitudes du moment et aux traces qu’elles laissent sur leur auteur.
Les trente ans durant lesquels Wang Yan Cheng exerça son métier de peintre coïncident avec trente années sans crise dans l’histoire chinoise. Au cours de cette période, certains soupirèrent après l’abondance matérielle, d’autres se réjouirent de la renaissance culturelle, d’autres encore se lamentèrent ou exultèrent de la décadence morale, y voyant une preuve de la justice universelle. Pendant son séjour en France, Wang Yan Cheng transforma peu à peu sa manière, mais il ne renonça jamais à cultiver le vide de l’atmosphère et de l’espace dans le paysage chinois. Parmi les multiples tendances de l’art actuel, en perpétuel bouleversement, on constate la place de plus en plus importante qu’occupe l’art chinois. Pour Wang Yan Cheng, si l’élément oriental est en éveil, si l’esprit traditionnel est ravivé, c’est qu’il devait en être ainsi. C’est pourquoi l’intention première de la fugue est l’idée de régression – la vérité substantielle du reflux. Chez Wang Yan Cheng, la distance à parcourir importe peu ; à la fin, les forces convergent vers une nouvelle et complète sublimation. Et quel que soit le courant où vous le classerez, l’étiquette que vous lui apposerez, son œuvre restera debout.
Si l’on tient que la deuxième fugue de Wang Yan Cheng avait pour but de se défaire des entraves de la composition, la troisième visait alors à se libérer de la libération elle-même.
Avec ces fugues répétées, la Chine perdit à jamais un peintre réaliste dont les paysages du Shandong étaient la marque et les scènes d’enfants le modèle, mais le monde gagna un artiste abstrait chez qui le poids culturel est le fond, et le dépassement de l’existence la note dominante.
À l’issue de l’exposition de 1980, où je m’étais rendu en tant que visiteur, je n’aurais pu définir pourquoi Wang Yan Cheng avait obtenu le prix, mais je me souviens des circonstances dans lesquelles je le rencontrai à Paris, plus de vingt ans après.
Comme nous parlons la même langue maternelle, que nous avons choisi le même pays étranger et habitons la même ville, j’ai souvent l’occasion, depuis plus de huit ans, de le côtoyer et de m’entretenir avec lui, mais en tant que journaliste et observateur de l’époque, non comme un collectionneur, encore moins en qualité de critique ou de marchand, de sorte que je n’ai pas le moindre scrupule à parler de ses expériences passées ni à faire des considérations subjectives. En outre, mes propres yeux furent témoins de l’intérêt que suscite chez ses jeunes élèves ce que j’appelle « sa troisième fugue ». J’ai eu l’honneur, enfin, de recevoir une invitation de l’artiste lui-même qui prit son pinceau pour y tracer quelques caractères.
En fait de conclusion, je livrerai l’ébauche d’un distique sur ce que je retiens de Wang Yan Cheng :
Sonder le Ciel par la voie de l’homme, l’abstraction, la figure ;
Disperser ses désirs par le recueillement, l’éveil, la vérité, le vide.
Zhong Cheng, Wang Yan Cheng, l’art de la fugue
(Préface du catalogue publié à l’occasion de l’exposition)

Oeuvres de l'exposition ( reproductions grand format )

   
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Du 21 février au 22 mars 2014

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Publications

Couverture catalogue WYC

Wang Yan Cheng

Peintures récentes (2014)

Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition Wang Yan Cheng, Peintures récentes.
Exposition du 21 février au 22 mars 2014.
Préface de Zhong Cheng.
Catalogue trilingue (Français, Anglais, Chinois). 48 pages. 14 reproductions en couleur.

CommanderPrix: 20 €.

Catalogue Wang Yan Cheng

Wang Yan Cheng

Peintures récentes (2011-2012)

Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition Wang Yan Cheng, Peintures Récentes.
Exposition du 9 décembre 2011 au 14 janvier 2012.
Préface de Patrick Grainville.
Catalogue bilingue (Français, Anglais). 48 pages. 15 reproductions en couleur.

CommanderPrix: 20 €.

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Wang Yan Cheng

Wang Yan Cheng

Né en Chine (province du Guangdong) en 1960

Wang Yan Cheng est né le 9 janvier 1960 dans la province du Guangdong, située à l’extrémité sud de la partie continentale de la Chine. Son père est cadre dirigeant d’une société pétrolière et sa mère, aujourd’hui décédée, était directrice d’un hôpital. La famille vit quelques années à Canton avant…

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