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Erró. Les grands Maîtres
Exposition jusqu’au 29 avril 2017

Exposition

Du 28 octobre au 26 novembre 2016

Hajdu

À l’occasion de la parution de la monographie Hajdu par Juliette Laffon aux éditions Jannink (Paris, 2016)

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Extrait

Le parcours artistique d’Étienne Hajdu, né en Transylvanie en 1907 et installé à Paris en 1929, se développe après la guerre sur plus d’une trentaine d’années de pleine maturité créatrice. Il est très tôt défendu par la galerie Jeanne Bucher, puis par la galerie Knœdler, à New York et à Paris. Il se consacre entièrement à son œuvre, retiré dans son atelier à Bagneux (1), en amitié avec des artistes tels Árpád Szenes, Vieira da Silva, Alain de la Bourdonnaye, Vera Molnár, Suzanne Magnelli, Nicolas de Staël et Zao Wou-Ki, des critiques comme Dora Vallier et Pierre Granville, des historiens de l’art comme Serge Lemoine. Esprit indépendant et résolu, Hajdu ayant choisi une voie personnelle très affirmée déjoue toute tentative de classification. Sa rétrospective au musée national d’Art moderne en 1973, marque l’apogée de sa carrière. Il a alors soixante-six ans.
Il a auparavant reçu les honneurs du Grand Prix national de sculpture en 1969 et du Prix Nordrhein-Westfalen de sculpture en 1965. Sa reconnaissance, établie plus tôt à l’étranger qu’en France, est servie par des expositions personnelles dans de grandes institutions, en Europe et aux États-Unis. Il est présent dans des collections privées et publiques outre-Atlantique et en Europe.
Figure incontestée de la sculpture des années 1955-1970, ayant participé et apporté sa contribution à l’aventure de l’Art moderne, Hajdu est aujourd’hui injustement méconnu. Sa dernière exposition dans une institution parisienne, le Centre Georges Pompidou, remonte à 1979. Dédiée à son œuvre sur papier, elle a fait l’objet dix ans plus tard d’une nouvelle publication par Pierre Descargues. Un ensemble conséquent de son travail a été présenté en 2002 au musée d’Art et d’Archéologie du Périgord à l’occasion de l’importante donation de la veuve de l’artiste, Luce Hajdu, à la ville de Périgueux.
Son art se développe pleinement après son retour à Paris, à la Libération. Picasso est alors omniprésent, tandis que des peintres plus jeunes, Fautrier et Dubuffet, suscitent un bel enthousiasme et que l’on découvre en Bernard Buffet le représentant d’un réalisme misérabiliste. Les tenants d’un retour à la tradition prônent un art se voulant constructif et positif en réponse à l’art abstrait qui fait débat et divise le milieu artistique. Une nouvelle génération de peintres qui abandonnent la figuration pour une abstraction géométrique émerge. Elle devient en quelques années une sorte d’avant-garde officielle, soutenue par la galerie Denise René – qui présente Herbin, Magnelli, Arp, Vasarely, Dewasne et Mortensen –, le Salon des réalités nouvelles à partir de 1946, la revue Art d’aujourd’hui et l’Académie d’art abstrait de Dewasne et Pillet à la Grande Chaumière, de 1950 à 1952. En 1955, à la galerie Denise René est organisé le premier Salon de la sculpture abstraite, (qui sera absorbé par le Salon de la jeune sculpture). L’art abstrait suscite nombre de publications : en 1949, les ouvrages de Michel Seuphor, L’Art abstrait, ses origines, ses premiers maîtres, et de Auguste Herbin, L’Art non figuratif, non objectif ; en 1956 ceux de Michel Ragon, L’Aventure de l’art abstrait et de Marcel Brion, Art abstrait ; en 1957 celui de Michel Seuphor, Dictionnaire de la peinture abstraite. Toutefois, dès 1950, Charles Estienne exprime ses réserves à l’égard de ce qu’il considère être un académisme stérile, contre lequel il appelle à s’insurger (2). Bientôt, la primauté de l’abstraction géométrique s’efface au profit de l’abstraction lyrique qui reste en faveur jusqu’au milieu des années 1960. Le critique Michel Ragon en est le défenseur le plus ardent. Il constate, dans la revue Cimaise en septembre 1957, que l’art abstrait qui était « maudit » s’est imposé dans les galeries, les collections, les Salons, les Biennales (3).
Hajdu refuse de choisir entre figuration et abstraction, cherche à dépasser cet antagonisme convenu. Par l’invention de formes et de rythmes inhérents à la structure de l’Univers, il crée une œuvre en lien avec l’organique, visant à révéler la part d’humanité de tout homme : « Je suis sur la terre et c’est dans la mesure où je suis un fragment de la nature qui m’impose sa loi et mes formes de pensées que je suis moi-même. Il n’y a pas pour moi une réalité intérieure, une réalité extérieure, ce sont deux aspects d’une réalité unique (4). »
À l’instar du reste de la scène française, Hajdu est confronté, dès la fin des années 1950, à la montée en puissance de l’art américain que Fernand Léger, réfugié à New York, avait décelée dès 1946. À la question posée par Léon Degand dans les Lettres françaises, « Existe-t-il une peinture américaine ? » Léger répond : « Oui et elle est en pleine évolution. Je suis cependant persuadé que les Américains sont sur la voie d’une grande époque d’art. Elle s’annonce déjà (5). »

Dans l’immédiat après-guerre, en dépit d’une situation artistique tendue, la confiance persiste néanmoins en France dans la suprématie de Paris, confortée par un déni de la nouvelle réalité culturelle américaine. Pourtant, dès le début des années 1960, les galeries parisiennes pâtissent du désengagement, puis de la désertion des acheteurs américains qui constituaient la part essentielle de leur clientèle. Ceux-ci trouvent désormais, dans l’action painting puis dans le pop’art, un art affranchi de l’emprise de l’École de Paris et qui répond à leurs attentes. Michel Ragon en fait le constat : « Lors de mon premier voyage (1959) aux États-Unis, j’y avais trouvé une saine émulation contre l’École de Paris. On voulait alors prendre place à égalité près de la rivale, voire à la dépasser. Mon second séjour (1964), cinq ans plus tard, s’est déroulé dans un climat différent. On n’y attaquait plus l’École de Paris parce que, pour les milieux d’avant-garde américains, elle n’existait plus. […] Cette conviction de la supériorité de l’École de New York a été le résultat d’une très habile orchestration de certains marchands et critiques (6). » En 1964, Daniel Cordier décide de fermer sa galerie rue de Miromesnil et part pour les États-Unis, comme le font les artistes Arman, Spoerri, Martial Raysse, Christo et Tinguely. L’attribution du Grand Prix de la Biennale de Venise, en 1964, à un jeune artiste américain, Robert Rauschenberg, marque la fin de la prééminence de Paris. Hajdu, comme beaucoup d’autres artistes de la scène française, en subit les conséquences. Ainsi, la galerie Knœdler ne lui consacre plus d’exposition après 1969. La critique et le public américains se détournent d’un art représentant à leurs yeux une certaine tradition française dépassée. En outre, de nouvelles problématiques et pratiques renouvelant radicalement la sculpture et son champ d’action, apparaissent dans les années 1960 en Europe et aux États-Unis. Les artistes de l’art minimal, du land art et les nouveaux réalistes, occupent progressivement le devant de la scène.
L’œuvre rare et singulière de Hajdu, sensible, d’une sensualité discrète mais non dénuée de violence dans ses bas et hauts-reliefs en métal, doit être reconsidérée à l’aune de notre regard d’aujourd’hui et retrouver la place qui lui revient.

Introduction de la monographie Hajdu par Juliette Laffon

Notes :
1. Entretien téléphonique avec Michel Ragon, juin 2015.
2. Charles Estienne, L’Art abstrait est-il un académisme ?, Paris, Éditions de Beaune, 1950, p. 5 : « L’Art abstrait est en danger… ce n’est pas dire qu’aucun danger extérieur le menace… bien au contraire : il a maintenant pignon sur rue, il a son Salon, ses galeries, il est la grande vedette d’une revue toute entière ; outre les critiques qui le défendent spécialement et sont donc considérés par beaucoup, à tort ou à raison, comme ses spécialistes (ce qui ne veut pas dire, je l’espère, ses fonctionnaires), il intéresse, préoccupe ou inquiète les autres critiques ; des peintres abstraits importants tiennent d’honorables places dans les comités de Salons non abstraits ; enfin cette forme d’art commence même à faire trembler, commercialement, les collectionneurs et les galeries les plus sûres de son contraire [...]. »
3. Michel Ragon, « Bilan », ou « L’art abstrait je l’aime toujours, mais le préférais quand il était frais », Cimaise, septembre 1957, p. 75 : « Comme on le voit, l’art abstrait que nous avions trouvé inconnu des foules, honni par les marchands et la plupart des critiques, ridiculisé dans la presse, invendable et invendu, est maintenant journalisé, romancé, recensé, caricaturé. On l’enlève aux enchères. Tout le monde en veut. […] L’art abstrait, oui bien sûr, je l’aime toujours, mais je le préférais quand il était frais. Il commence à sentir mauvais. [...] »
4. Étienne Hajdu, sculptures, lavis, estampilles, galerie La Cité, 7 novembre-6 décembre 1977, Luxembourg.
5. Léon Degand, « Le retour d’un grand peintre, F. Léger », Lettres françaises, 13 avril 1946, cité par Serge Guibaut. Comment New York vola l’idée d’art moderne, éditions Jacqueline Chambon, 1988 (The University of Chicago, 1983), pp. 168-169.
6. Ibid. p. 307.

Figure incontestée de la sculpture des années 1955-1970, ayant participé et apporté sa contribution à l’aventure de l’Art moderne, Hajdu est aujourd’hui injustement méconnu.

Oeuvres de l'exposition ( reproductions grand format )

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Du 28 octobre au 26 novembre 2016

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Publications

Hajdu

Étienne Hajdu

Publiée aux Éditions Jannink en 2016, cette monographie rassemble près de 200 œuvres d’Étienne Hajdu : sculptures, dessins, porcelaines…
Le texte est écrit par Juliette Laffon qui a été conservatrice au musée du Petit Palais, au musée d’Art moderne de la ville de Paris et a dirigé le musée Bourdelle de 2003 à 2010.
292 pages.

CommanderPrix: 34 €.

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Hajdu

Étienne Hajdu

Etienne Hajdu est né le 12 août 1907 à Turda, Transylvanie (Roumanie)

Etienne Hajdu est né le 12 août 1907 à Turda, Transylvanie (Roumanie). À 16 ans, il suit les cours de l’École technique d’Arts décoratifs d’Ujpest à Budapest. Pendant ses vacances, il modèle des portraits que remarque un sculpteur norvégien de passage dans la région qui conseille à son père…

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